Gardiens des Cités Perdues

Gardiens des Cités Perdues – tome 2

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Commentaire Livre Addict :  « Soyons francs, il ne se passe pas grand chose, sinon rien… L’alicorne ne sert à rien du tout, à part être un cliché pour petites filles. Les autres personnages sont presque inexistants dans ce tome, chose que je déplore grandement… Sophie m’énerve un peu : une Mary Sue trop parfaite. Je préfère nettement les actions de groupe. Par contre, j’adore Keefe (évidemment), il m’a beaucoup fait rire. »

   Une déception après le tome précédent qui m’a donné envie et fait miroité tout un champ des possibles… Pas non plus un dégoût, mais plutôt l’envie profonde que ce livre et le prochain fusionnent pour faire un seul et même ouvrage prenant et complet. Non seulement il n’y a toujours pas de fin, mais en plus les questions se multiplient et on nous donne des informations qu’on n’a jamais demandé.


   Cette fois-ci, nous traînons avec un autre personnage, qu’on aurait pensé plus secondaire par rapport au premier tome. Et toujours pas avec le premier garçon du début (Fitz), dont finalement on ne sait toujours rien puisqu’on le voit peu. Et on oublie l’autre garçon avec lequel on était (Dex)… Ces deux-là ne sont plus qu’une toile de fond, flou et inexistante… Mais par contre, je dois reconnaître que ce troisième garçon (Keefe) est une très belle surprise. Je l’ai adoré. Les interactions avec lui ne sont jamais décevantes. On sent que l’auteur l’aime beaucoup, et il se détache largement par rapport à tous les autres personnages. Je ne compte plus le nombre de fois où il m’a fait brusquement éclater de rire, relisant le passage encore et encore pour m’en imprégner. Il est plus profond, plus palpable, plus ambigu. Il a une réelle dimension, un passé, un caractère fort. Pas juste un comic relief comme on aurait pu le penser de prime abord. Il cache beaucoup de choses, et il n’en est que plus attachant.

   En revanche, l’héroïne devient une parfaite Mary Sue. Pour ceux qui ne savent pas encore ce que ce terme signifie : il s’agit d’un nom péjoratif donné à un personnage féminin de fiction (Gary Sue ou Marty Sue pour les personnages masculins) trop parfait dans lequel l’auteur se projette. Elle réussi tout, même les échecs deviennent positifs, possède de grandes capacités, a un grand sens moral, est aimé de tous les personnages principaux, a toujours raison, et a un destin grandiose… (J’ai résumé Wikipédia, je vous renvoie à la recherche Google si vous voulez en savoir plus).

   Sophie, c’est exactement ça. Elle en est lassante et énervante. Certains ne seront sans doute pas d’accord avec moi, mais je ne trouve pas ses réactions logiques pour une enfant de 13 ans. Elle l’était un peu plus dans le livre précédent, surtout par rapport à ses parents adoptifs. La relation qu’elle entretenait avec eux était poignante. A présent, elle n’a plus vraiment de saveur. On finit par s’en moquer. « Ça y est, elle a une famille, on passe à la suite maintenant »… Alors que les autres personnages enchaînent les crises de nerfs et de jalousie, elle demeure lisse et sans bavure. Elle possédait déjà des pouvoirs étonnants pour les autres personnages, voilà qu’elle en a encore plus à présent. Trop courageuse, trop puissante, trop aimée de tous, trop gentille, trop intelligente. STOP !

   On a la sensation qu’il y a trop de personnages et que l’auteur n’arrive pas à tous les gérer en même temps. Ils sont là depuis le début, mais n’apparaissent réellement que petit à petit, on apprend à les connaître au fur et à mesure. « Lui, c’est fait, dans le prochain livre, je m’attaque à lui »… Elle donne toutes les qualités à Sophie, et il n’y en a plus assez pour les autres. Elle ne se concentre que sur elle, les autres ne font que vaguement l’accompagner. Même le garde du corps gobelin (Sandor) qui est pourtant toujours avec elle, finit par être oublié. C’était toujours avec surprise que je voyais son nom apparaître, me disant « ah oui c’est vrai qu’il est là »… et en fait, il ne sert à rien du tout.


   Et en parlant de personnages qui ne servent à rien… C’est quoi ce délire d’alicorne ?! Dès le début, on voit apparaître le fantasme sur pattes de toutes les petites-filles : le croisement entre pégase et une licorne. Et là encore, aucune utilité… Elle aurait pu être remplacée par n’importe quel autre animal volant bien plus classes, et encore… Le seul but de cette créature est de voler pour les amener quelque part. Sachant qu’ils auraient parfaitement pu s’y rendre d’une autre façon, ce ne sont pas les moyens qui manquent. N’y a-t-il pas déjà des ptérodactyles dans le coin ? Pourquoi prendre le pégacorne (pardon, l’alicorne) méga rare et ultra précieux pour se rendre chez des « peut-être ennemis »… ? Alors que finalement, il n’y avait besoin que de voler ? Et évidemment, la petite fille parfaite est la seule à pouvoir parler avec le canasson à paillettes, en rajoutant ainsi une belle couche sur le fantasme des petites-filles… A quoi ça sert ? A rien.

   Bon, je suis méchante. Il y a toute une histoire sur le fait de projeter des images et des sentiments positifs pour que Sophie ne fasse plus des cauchemars qui l’empêchent de dormir. Et d’ainsi apprendre qu’on peut projeter des émotions positives alors que tous les autres elfes pensaient cela impossible. (En fait, il n’y a que Sophie qui peut faire ça, évidemment)… Les elfes devraient tout simplement avoir des psychiatres, cela régleraient pas mal de leurs problèmes. Je veux bien qu’ils soient pacifistes et n’aient pas de police, mais des psy, quand même ! Sophie, en tout cas, aurait bien besoin d’en voir un. Et de faire plus de sport : si elle arrive à ne pas s’endormir en cours en dormant seulement 3 heures par nuit pendant des semaines, c’est qu’elle a beaucoup d’énergie à revendre… Pas besoin de pégacorne ni de sédatif quand on s’écroule d’épuisement. Étonnant que les parents ne paniquent pas plus face aux cernes de leur fille.

   Troisième utilité pour l’équidé : réinitialiser la chronologie de l’extinction… Qu’est-ce que c’est ? Aucune idée. Les vagues explications qu’on a nous permettent de déduire qu’il s’agit d’une sorte de compte-à-rebours. Les elfes secourent toutes les créatures de la Terre de façon à ce qu’aucune n’ait disparu depuis la nuit des temps (et les rendent végétariennes pour qu’elles ne se mangent pas entre elles…….. mais passons…). Or, une créature menaçait de disparaître car n’avait qu’un représentant : l’alicorne. En trouver une autre était donc un petit miracle. Mais pourquoi cela est-il si important au point de pouvoir contrôler les instances politiques elfes si on l’enlevait ? Pourquoi tout le monde ne jure que par cela ? Grand mystère. Une telle importance n’a jamais été expliqué, et les quelques pistes qu’on nous donne sont loin d’être suffisantes pour justifier une telle considération. Et encore une fois, cette réinitialisation de la chronologie de l’extinction ne s’inclue pas du tout dans l’intrigue de base… Ou alors, on n’en a pas encore les clefs. Mais dans ce cas, l’auteur pourrait tout de même nous donner un os à ronger !

   Oui, les ravisseurs de Sophie ont voulu l’enlever… En même temps, si posséder cette créature permet de manipuler les pouvoirs politiques, c’est loin d’être surprenant. Ce qui l’est, en revanche, c’est que ces mêmes politiques ont confié le pégacorne à une fillette de 13 ans uniquement parce qu’elle peut lui parler… Je veux bien qu’ils soient pacifistes et ne pensent pas qu’il puisse arriver malheur (quoi que l’enlèvement de Sophie et Dex du tome précédent leur avait prouvé que c’était possible), mais pourquoi faire des Conseillers des imbéciles finis ?! Franchement, je soutiens Bronte à 100% ! Le seul dans le Conseil des elfes à réfléchir un peu ! Que ce doit être frustrant d’être en minorité dans des cas comme ça… L’auteur n’avait-elle donc pas d’autres choix pour faire avancer l’histoire ? Sérieusement ?!


   Bref, vous l’aurez compris, la logique est loin d’être le mot d’ordre de ce tome… Il est bourré de choses inutiles, prenant plaisir à apporter des questions et pas de réponse, rendant les personnages soit débiles, soit ultra puissant (sauf Keefe)… Et si jamais tout cela finit par prendre sens dans la suite, j’hurle de rage « C’EST PAS TROP TÔT » !!!

   Même la « disparition » d’un personnage principal n’a pas la saveur qu’elle devrait mériter au milieu de tout ce bazar… Je le vois comme un personnage qui se veut Dumbledore jeune, un peu perdu et tout le temps inquiet, qui ne sait jamais quoi faire ni comment… On dirait que cette description est négative, mais en fait je l’aime bien. La façon dont il « sombre » est plutôt bien amenée, même si un peu maladroite. Là encore, la détresse de cette tragédie n’est pas aussi poignante qu’elle pourrait l’être sans pour autant être un échec. Les réactions sont logiques (même si on ne m’enlèvera pas de la tête que ça arrangeait bien l’auteur, puisque ça lui a permis de retirer deux des adolescents principaux, l’empêchant de se perdre avec trop de personnages qu’elle n’a visiblement pas l’air de savoir gérer… Bon courage pour les remettre tous ensemble dans le futur ! Un vrai puzzle…). On est triste, mais on ne pleure pas. Car au milieu de la détresse, le pégacorne vient faire ses cabrioles en criant « Amie ! Amie ! Amie ! »

   Tout ceci apporte une seconde intrigue sous le signe de la Folie. Vaste programme qui me plait vraiment beaucoup. On découvre une partie de la « raison d’être » de Sophie, et une quête qui arrive bien tard dans le récit. A la « Folie » s’ajoute la notion de « Guérison ». Un parallèle très intéressant chargé de symboles. Dommage qu’on soit sans cesse coupé par l’alicorne… J’ai peut-être un peu de mal avec la culpabilité des personnages et de son effet qui me semble un peu tiré par les cheveux. Surtout quand tous se sentent rongés par elle à un moment ou un autre, sans pour autant plonger dans l’effet secondaire. Et aussi qu’elle semble agir différemment selon les gens, alors qu’on l’explique de la même façon… Si on prend en exemple deux personnages subissant ces remous, nous en avons un premier qui « sombre » dès le début et un second beaucoup plus tard. Le premier parle et peut se mouvoir, pas le second. Le premier est vivant, le second déclaré mort… Une explication sur ces incroyables différences ? Absolument pas. Seul le premier parallèle est vaguement abordé, mais avec des explications trop foireuses à mon goût (il a tenu bon pour sa famille, mais finalement voir un garçon qu’il doit apercevoir tous les ans depuis 13 ans a été d’un coup trop dur pour lui……………………….). Trop bancal. Pas assez réfléchi. Des raccourcis trop faciles. Vraiment dommage.

   Malgré tout, cette volonté d’apporter un côté sombre à l’histoire, avec plus de réussite, m’a beaucoup plu. Le passage où Sophie s’enfonce dans des sables mouvants pour atteindre le monde des profondeurs (sans vouloir trop en dire…) est très parlant. Le parallèle avec l’Enfer et ses neuf cercles (ô Dante) est plutôt pas mal, et on imaginerait bien un dixième cercle nommé « Folie ». Cependant, l’univers de la Folie reste « édulcoré », cela pourrait être bien plus horrifiant. En cela, on retrouve bien le genre Jeunesse. Je ne le déplore pas ni ne l’encourage. C’est un fait qu’on ne peut qu’accepter pour ce livre, c’est tout. Il n’est pas trop enfantin, mais ne flirte pas non plus avec les frontières de « l’adulte ». Il s’inscrit juste dans une moyenne.


   Que dire de plus… Je ne souhaite pas non plus entrer trop dans les détails pour éviter le spoil, même s’il y a de très nombreuses allusions qui pourraient peut-être en être (j’espère pas). Je n’ai pas trop apprécié ce livre où on tourne en rond. J’aurais aimé plus de cohérence et de cohésion. Deux intrigues sans réel lien entre elles… Franchement, imaginez ce qu’aurait pu être ce livre sans l’alicorne ! Un livre réduit de la moitié, au moins, et bien plus prenant, logique et poignant ! Mélangé avec son précédent ou son suivant, cela aurait pu donner un ouvrage vraiment bien !

   Encore une fois, je ne dis pas que c’est nul. Loin de là. (Bon, j’ai détesté l’alicorne, vous l’avez largement compris). J’ai juste été très déçue. Je préfère garder en tête la bonne surprise qu’a été Keefe, et la notion de Folie qui ne semble pas prête d’être oubliée (je l’espère). Je n’ai pas trouvé cette fameuse évolution dans l’écriture, cette maturité qui permet de s’immerger totalement, comme je le souhaitais par rapport au premier tome. Mais si dans le troisième, je peux retrouver la logique, des personnages censés et moins de choses inutiles, j’en serais satisfaite. Je sais que je vais encore voir un peu d’alicorne, espérons seulement qu’elle trouvera enfin son utilité !

   Et vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

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